Vous êtes assistant.e de direction et vous avez parfois l’impression que votre manager garde tout (les infos, les décisions, les dossiers, sa boite email..) pour lui/elle ? Rassurez-vous, vous n’êtes pas seul·e ! Beaucoup d’assistant.e.s partagent ce constat, frustrant… mais ce n’est pas une fatalité.
Pour être totalement transparente, cela m’est arrivé à deux reprises dans ma carrière. Voici ce que j’ai appris de ces expériences, et ce qui pourrait vraiment vous aider à amener votre manager à lâcher prise et à collaborer plus étroitement avec vous :
1. Demandez directement pourquoi votre manager contrôle tout
N’attendez pas que la situation évolue toute seule : posez la question franchement et avec bienveillance. Dire par exemple : « Je ressens que certains sujets restent difficiles à me déléguer, est-ce qu’il y a une raison particulière ? » Cela ouvre une porte au dialogue, parfois là où rien n’était dit explicitement.
Je l’ai vécu moi-même : la première fois où j’ai ressenti ce blocage, j’ai choisi de demander directement à mon manager. J’ai alors découvert que son expérience avec l’assistante qui me précédait avait été compliquée : beaucoup d’erreurs, du manque de fiabilité, ce qui l’avait rendu très méfiant.
Résultat : le simple fait d’aborder le sujet et de comprendre l’origine du contrôle m’a permis de proposer des solutions adaptées et de regagner progressivement sa confiance.
2. Éduquez (petit à petit) votre manager à travailler avec vous
Nombre de managers n’ont jamais collaboré avec une assistante de direction stratégique ou proactive ! Ce que vous percevez comme un manque d’engagement, une distance ou des micro-gestes de “diminution” ne sont pas forcément de la mauvaise volonté… mais souvent le signe que votre manager n’a simplement jamais vu ce qu’un vrai bras droit peut apporter.
Votre rôle est de lui montrer concrètement comment travailler avec vous, et ce que vous pouvez apporter à l’organisation.
- Parlez de vos compétences : S’il ignore que vous êtes expert.e en organisation d’événements, en digital, ou en gestion de process, il ne pensera jamais à vous solliciter sur ces sujets. N’hésitez pas à partager vos talents spécifiques lors d’un échange.
- Proposez des initiatives : Par exemple, si vous voyez une opportunité d’amélioration (process, projet, communication…), suggérez des pistes, montrez ce que vous pouvez prendre en main, et expliquez concrètement l’impact pour le manager et l’équipe.
- Dites ce que vous pouvez débloquer : vous sentez-vous sous-utilisé.e ? Exprimez-le clairement ! « J’ai le sentiment de pouvoir vous aider davantage, notamment sur tel ou tel sujet ; je pourrais vous faciliter la vie en faisant X ou Y ? »
- Prenez la responsabilité de la relation : On ne peut pas reprocher à un manager de ne pas partager ce qu’il ignore… À vous de créer la dynamique, de partager, de sensibiliser — petit à petit, il comprendra la puissance qu’il y a à s’appuyer sur vous.
3. Parfois, il vaut mieux demandez pardon plutôt que la permission
En tant qu’assistant.e de direction, on prend souvent l’habitude d’attendre systématiquement le feu vert du manager avant d’initier toute démarche. Pourtant, il arrive qu’en voulant trop bien faire, on alimente involontairement le contrôle de son boss et l’image d’un rôle “exécutant”.
Osez prendre des initiatives sur des sujets peu risqués comme par exemple :
- Planifiez une réunion de préparation qui vous semble pertinente,
- Préparez un document en amont,
- Relancer une personne.
L’idée : montrez que vous savez agir en autonomie et que vous pouvez faire avancer certains dossiers sans validation. Si cela heurte les habitudes de votre manager ? Expliquez pourquoi vous avez agi ainsi, écoutez son feedback et ajustez votre méthode. Très souvent, cela démontre votre engagement, fait gagner du temps… et rassure le manager sur votre fiabilité.
En résumé : Prenez des initiatives réfléchies, assumez-les pleinement, et soyez prêt.e à ajuster si besoin. Plus vous prendrez des actions pertinentes, plus la confiance de votre manager grandira… et plus il/elle vous laissera de marges de manœuvre.
4. Exprimez clairement vos besoins
Pour travailler pleinement en binôme avec votre manager, il est essentiel de clairement communiquer ce dont vous avez besoin pour être efficace et vous sentir impliqué.e : informations, accès, responsabilités ou outils.
Souvent, par peur d’être trop exigeant.e ou de déranger, on hésite à formuler ses attentes. Pourtant, un manager ne peut pas deviner ce qu’il vous manque ou ce qui vous permettrait d’être encore plus utile ! Voici quelques exemples concrets :
- Indiquez que la participation à certaines réunions stratégiques vous aiderait à anticiper et à gérer les priorités du manager.
- Demandez l’accès à sa boite mail ou infos qui sont nécessaires pour éviter les malentendus ou retards.
- Proposez des points réguliers pour faire le suivi, échanger sur les avancées et lever les points de blocage.
L’essentiel : reliez toujours votre demande à un bénéfice pour le manager et pour l’organisation. Par exemple : « Si j’ai accès à vos emails, je pourrai anticiper les éventuels points de blocage et vous faire gagner un temps précieux ainsi qu’ à toute l’équipe. » Ou encore : « Participer au comité de direction me permettra de sécuriser la tenue des échéances et de vous aider à vous focaliser sur les objectifs à atteindre. »
Le dialogue direct et constructif montre à votre manager votre engagement et votre implication, et favorise l’instauration de nouveaux réflexes de confiance et de délégation.
5. Faites votre auto-bilan
Quand malgré vos efforts la relation avec votre manager ne progresse pas, il est précieux de prendre un temps de recul pour vous questionner sur votre propre posture et votre manière d’interagir.
- Interrogez-vous : Êtes-vous suffisamment fiable et rigoureux.se sur les tâches confiées ? Avez-vous montré une capacité à anticiper, organiser ou représenter votre manager ? Y a-t-il des axes à améliorer dans votre communication ou votre méthode ?
- Demandez-vous si vous avez exprimé clairement vos attentes et proposé des solutions, ou si vous êtes resté.e dans une position trop “attentiste”.
- Faites éventuellement appel à un mentor, à des pairs ou à la formation continue pour progresser sur des points spécifiques.
Avec l’expérience, ce travail d’introspection m’a permis de mieux comprendre les attentes de mon manager, d’ajuster ma posture et d’aller chercher – avec plus de confiance – de nouvelles responsabilités et marges d’autonomie.
En résumé : L’ouverture de votre manager est aussi liée à votre capacité à évoluer, à vous remettre en question et à monter en puissance sur vos compétences !
Conclusion
Personne ne devient « bras droit » par hasard : cela se construit au fil du temps, de la confiance et des initiatives partagées. En osant poser des questions, en repérant les moments clés, en proposant des façons de travailler ensemble et en affirmant vos besoins, vous ouvrez la voie vers une collaboration beaucoup plus fluide et stratégique avec votre manager.
Souvenez-vous : chaque interaction, chaque audace, chaque réflexion sur votre posture contribue à bousculer les anciens schémas et à installer durablement votre valeur ajoutée.