Le métier d’assistante a considérablement évolué au fil des années, s’éloignant des tâches traditionnelles et souvent stéréotypées pour embrasser des responsabilités stratégiques essentielles à la bonne marche des entreprises. Cependant, certaines attentes persistantes, telles que faire le café ou le thé, sont encore souvent dirigées vers les femmes, renforçant des stéréotypes de genre dépassés et réduisant leur rôle à des tâches de service.
Aujourd’hui, il est pertinent de se poser la question suivante : les assistantes devraient-elles faire le café ?
Une tâche d’un autre temps ?
Historiquement, faire le café ou le thé était souvent considéré comme une tâche relevant des fonctions d’assistanat ou de secrétariat, les rôles étant nettement différenciés et souvent basés sur des stéréotypes de genre. Cette tâche, bien que perçue comme mineure, symbolisait une attente implicite de service associée aux secrétaires ou assistantes, la majorité étant des femmes. Cependant, avec l’évolution du métier, ces attentes semblent de plus en plus déconnectées de la réalité des responsabilités actuelles des assistantes.
Les bureaux modernes sont désormais équipés de machines à café automatiques sophistiquées, rendant la préparation de boissons rapide et accessible à tous. De plus, l’essor des coffee shops à proximité des lieux de travail a encore facilité l’accès à une variété de boissons sans avoir à mobiliser les ressources internes de l’entreprise ni détourner l’attention des assistantes de leurs missions principales.
Faire le café ne devrait plus être une obligation pour plusieurs raisons. D’abord, les responsabilités des assistantes ont considérablement évolué. Aujourd’hui, elles sont des piliers de l’organisation et de la gestion des activités, jouant un rôle clé dans la coordination des équipes, la gestion des priorités, et le support stratégique aux managers. Leur temps, précieux et limité, est mieux utilisé pour des tâches qui requièrent leurs compétences professionnelles, telles que la planification de réunions complexes, la gestion de projets, le suivi des objectifs de l’entreprise, etc.
Ensuite, dans un environnement où chaque employé est équipé pour être autonome, les employés ont aujourd’hui les moyens et les ressources pour se servir eux-mêmes, que ce soit pour préparer un café ou toute autre tâche basique du quotidien professionnel. Encourager cette autonomie est bénéfique non seulement pour l’efficacité individuelle, mais aussi pour promouvoir une culture d’égalité et de respect des rôles.
Enfin, il est crucial de reconnaître que faire le café ne doit pas définir le poste d’assistante. Les attentes vis-à-vis des assistantes devraient se concentrer sur la valeur ajoutée qu’elles apportent par leur expertise et leur capacité à contribuer de manière significative à l’entreprise. En revalorisant ce rôle, on renforce l’idée que chaque tâche doit être alignée sur les compétences et les objectifs stratégiques de l’entreprise, plutôt que sur des traditions désuètes.
Quand le geste peut encore avoir du sens
Bien que le rôle des assistantes ait évolué, il existe des situations où offrir un café à un manager peut être perçu comme un geste de soutien précieux. Par exemple, lors de journées particulièrement chargées, quand les agendas sont serrés et que chaque minute compte, un simple café peut aider à maintenir la concentration et l’énergie des managers. Dans ces moments critiques, ce geste ponctuel est une forme de proactivité qui vise à minimiser les interruptions et à soutenir la productivité globale.
Il est important de souligner que cette action doit rester occasionnelle et basée sur le choix personnel de l’assistante. Le fait de préparer un café ne devrait pas être perçu comme une obligation mais plutôt comme une décision prise en fonction des besoins spécifiques du moment. Cette flexibilité démontre non seulement un sens aigu du service, mais aussi une capacité à anticiper et à répondre aux priorités de l’équipe ou du manager.
De plus, il est essentiel de garder à l’esprit que la préparation de café ne devrait jamais supplanter les tâches principales de l’assistante. En établissant des limites claires, on s’assure que ces gestes restent des exceptions dictées par les circonstances et non des attentes régulières. Cela permet de préserver la valeur ajoutée de l’assistante, en se concentrant sur des missions plus stratégiques et à forte valeur ajoutée pour l’entreprise.
Enfin, offrir un café dans des moments clés peut renforcer les relations professionnelles et créer un environnement de travail plus collaboratif. Ce type de soutien peut être perçu positivement par les supérieurs, tant que cela ne détourne pas l’attention des tâches plus importantes. Il s’agit d’un équilibre subtil entre aide ponctuelle et maintien des responsabilités principales.
Conclusion : Valoriser l’expertise
En définitive, faire le café ne devrait pas être une tâche par défaut pour les assistantes. Leur rôle va bien au-delà de ces gestes et il est crucial de continuer à redéfinir et valoriser leurs compétences stratégiques. Le monde professionnel d’aujourd’hui reconnaît et apprécie la diversité de leurs contributions bien plus que leur capacité à remplir une tasse.
Continuons à redéfinir les rôles des assistantes et à démontrer chaque jour la valeur qu’elles apportent aux organisations